Cabannes au fil de la perfection !
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Ecrit par David le 17-09-2007
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Pas facile pour l’équipe Cabannaise de réussir la
programmation artistique qui peut faire déplacer le public
jusqu’aux arènes de ce village, qui semble avoir
trouvé refuge dans l’arrière-pays, entre Provence
et Comtat.
2007 : premier record d’affluence, avec plus de 800 personnes. Mission accomplie !
Des arènes bondées… mais encore quelques places
vides clairsemées au sein même du cercle tauromachique.
Pour ceux qui ont oublié la date de 2007, les arènes de
Cabannes pourront vous accueillir les années suivantes. Nous
nous doutions bien, que l’équipe d’Antonio et de
Jacques était entrée rapidement dans la cour des grands.
Sur le contexte régional, Cabannes devient une place majeure du
Blues.
Nos amis bucco-rhodaniens ont trouvé la formule adéquate.
Prenez un peu de Blues Rock local, un quatuor de jeunes issus de la
scène Blues traditionnelle nationale et une star populaire de la
variété folk franco-américaine. Une fois les
ingrédients de qualité trouvés, dressez
l’ensemble dans une arène se couvrant à la
tombée de la nuit. Plantez le décor avec un ciel
étoilé respirant le bon air du mois de juillet.
Et bien entendu, quelques mois avant de servir
l’événement à vos convives, saupoudrez
d’une communication efficace et exemplaire, à l’aide
des bénévoles de l’association…
Une recette qui fait florès.
Curieux, passionné, néophyte ou pro, le public est nombreux.
La Nuit du Blues de Cabannes, un melting-pot culturel !
Le jeune franco-australien d’Aix-en-Provence, Edwin Denninger a
l’honneur de mettre en éveil les sens de l’auditoire
cabannais. Un Rock, teinté de Funk, de Blues et truffé
d’essences seventies aux dimensions Hendrixiennes, avec des riffs
de guitares bien sentis. Une belle surprise artistique qui nous
réconforte avec un style plutôt rébarbatif et
désuet. Edwin est à l’aise sur scène et
trouve les notes pour attirer notre attention. Difficile, de ne pas
remarquer également les musiciens émérites qui
l’accompagnent. Ange King à l’harmonica se fait
remarquer par son phrasé et son érudition de
l’instrument. Edwin offre à Ange,
l’opportunité de s’exprimer vocalement. Sa voix,
notable, est un bonus pour cette première partie de
soirée. Derrière, une section rythmique puissante et vive
avec Manga Libam à la basse et Bertrand Robinne à la
batterie.
C’est le troisième passage en moins d’un an dans la
région, pour le groupe Belgo-Perpignanais : Nico Backton &
The Wizards of Blues. Nous n’allons pas nous en plaindre,
d’autant plus que Nico Backton et ses compagnons : les «
Sorciers du Blues », déboulent à Cabannes avec une
véritable actualité. Un disque tout fraîchement
sorti, ne peut être qu’un vecteur de motivation pour
réussir une prestation scénique.
Si le nouvel arrivage de leur dernière galette est un bon sujet
de promotion, nos quatre amis n’ont guère besoin de ce
supplément pour se faire plaisir sur scène.
Et la notion de plaisir est l’élément primordial du show de Nico Backton.
Avec une humilité déconcertante, Nico narre avec humour,
le contexte d’écriture des titres joués et quelques
prouesses anecdotiques au sujet de ses musiciens. Peut-être,
inconsciemment, derrière ses faits enjolivés à la
Marseillaise, se cachent des récits autobiographiques
romancés.
Qui sait ?!
Dans un cadre culturel du Blues d’avant guerre, Nico Backton
exhale sa musique d’un style parfois plus contemporain. Ce
n’est pas pour ça qu’il délaisse
l’aspect authentique, qu’il sait retravailler en studio
comme en live, avec des instruments plus inattendus comme sa guitare
dont la caisse de résonance est une boite à cigare.
Nico Backton raconte le Blues de façon inné, comme
exposé par des peintures musicales encrées dans des
racines afro-américaines. Avec en arrière-plan, Ritchie
Faret, l’harmoniciste, qui semble rêver sur les pistes de
ski de fond, à voir comme il gesticule... Etrange le
garçon, mais musicien hors pair !
Le show Backton est toujours un de ces grands moments de culture et de
musique qui nous réconforte. Conviés dans leur univers,
Nico Backton et les Wizards of Blues, nous enveloppent dans un globe de
chaleur humaine et intimiste. Les histoires, parfois sombres, de Nico
Backton prennent une dimension plus vivifiante et sont une vague
d’optimisme.
Car c’est ça le Blues !
Il semble difficile de croire que le public se soit
déplacé jusqu’à Cabannes pour Nico Backton,
si c’est le cas, nous pourrions presque nous en réjouir.
C’est pourtant au changement du backline, juste après le
passage de Nico Backton et juste avant que Beverly Jo Scott arrive sur
scène, qu’une importante partie du public quitte les
arènes. 23h30, il est malaisé de penser qu’il soit
déjà l’heure de rejoindre son domicile.
Un samedi soir de juillet, alors que la nocturne fraîcheur
envahit à peine l’édifice, nous abordons
l’heure adéquate pour profiter des
événements estivaux de plein air, après une
chaleur assommante…
Cependant, la tête de l’affiche de la soirée, c’est bien elle : Beverly Jo Scott.
Et c’est bien grâce à sa contribution que ce soir les arènes cabannaises ont connu l’opulence.
La chanteuse s’est drapée dans un registre qui se confond
parfois dans la variété, entre Blues et Folk, lié
par des chansons réalistes en français inspirées
par Léo Ferré et Mouloudji, flirtant avec un esprit
« bobo ».
Nous regretterons finalement que les stéréotypes
acheminés par Beverly Jo Scoot, autour des racines et la culture
de Janis Joplin ne soient pas plus évidents. Le show de
Beverly Jo Scoot manquait d’un peu de consistance et de
surcoît, la Star est également capricieuse : « Je ne
veux plus de fumée, s’il vous plait, ça me
gène pour chanter », « Il y a trop de spot-lights !
»… Dommage !